THE QUIRKY LOST TAPES 1993​-​1995

by EL BLASZCZYK - ROCK BAND HIMSELF

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about

Bandes introuvables, bandes improbables…

“Je me souviens très bien, à la fin des années 90, lorsque j’ai découvert le 45T “With Girls” d’EL’BLASZCZYK, un vinyle autoproduit qu’il distribuait au compte-gouttes. Ce disque ne ressemblait à rien d’autre que je connaissais déjà. De suite, j’ai adoré cet univers singulier et bancal. Que ce soient les thèmes improbables des chansons (la maladie, Tapfex, James Bond, etc…), les musiques décomplexées vaguement garage, l’enregistrement sur bande des morceaux, dans sa piaule avec sa petite sœur de 13 ans et sa voisine de quartier, adolescentes. Tout, absolument tout me plaisait. Je jubilais à chaque écoute et je me suis tout de suite dit que si j’avais fait de la musique c’est exactement ce que j’aurai aimé arriver à faire : Une musique bricolée, ludique, et désinvolte, une musique qui ne se prendrait pas au sérieux sous prétexte d’être différente.

J’essayais alors d’en savoir davantage, mais tout un mystère entourait EL’BLASZCZYK :

Rochelais d’origine, il avait évolué brièvement dans la scène garage parisienne puis avait disparu, du jour au lendemain, au milieu des années 90. Même ses amis proches ne savaient pas où il était et les rumeurs les plus folles (s’avérant fausses d’ailleurs…) courraient à son propos. Tout cela titillait évidemment ma curiosité et lorsque j’ai lancé le label en 2006, je ne voyais pas bien ou j’allais mais je savais déjà que j’essaierai de le retrouver pour lui proposer de faire quelque chose ensemble.

J’ai mis des années à le pister. Puis, une fois enfin retrouvé dans son maquis, j’ai de nouveaux mis des années à le convaincre. Je lui envoyais régulièrement mes sorties dans l’espoir de lui donner envie. Les années passaient, et je m’étais fait à l’idée que c’était vain. Alors, lorsqu’en 2015, EL’BLASZCZYK est revenu vers moi en me disant qu’il avait un peu de temps et qu’il voulait bien sortir ses nombreux inédits de l’époque chez BORN BAD, c’est l’un de mes rêves de “patron” de label qui s’accomplissait”.

JB / BORN BAD RECORDS

Des Bandes et un garage… Ce gars a la rage d’la bande…

La Pomme n’avait pas encore inventé la machine à faire de la musique dans les ordinateurs. “Garage Band” ne désignait alors qu’une catégorie de groupes juvéniles d’inspiration 60’s, ainsi nommés en raison de leur tendance à répéter dans les caves, vérandas et autres abris de jardin de chez papa maman.

EL’BLASZCZYK lui, a véritablement incarné les deux approches au tout premier degré du genre.

GARAGE : parce qu’il y installait souvent son “plateau d’enregistrement” (grande surface facilement disponible et aménageable).

BAND : parce ce qu’avec son fatras multipistes, capable de tout bricoler lui-même, il s’en est inventé un à lui tout seul (Rock Band Himself).CQFD.

De bric et de broc

Si beaucoup de ses contemporains s’appliquaient à soigneusement copier les modèles (vestimentairement, musicalement…), leur crédibilité (à défaut d’authenticité et d’originalité) devait nécessairement passer par l’équipement. Vox, Fender, Marshall… Guitares de légende, amplis de marque : la panoplie complète des rockeurs fils à papa !

EL’BLASZCZYK lui, en bon maquisard, n’attendait pas que les english lui parachutent des armes pour œuvrer. Sa STEN MK II, il l’a tenait d’un camarade tombé au combat, sa pétoire il l’avait décrochée de la cheminée de pépé, son feu il l’avait “emprunté” à la gendarmerie… Ainsi s’était-il déniché ses propres instruments et bricolé son matériel pas toujours très orthodoxe : Guitare électrique d’une vieille connaissance, sono Bouyer complète provenant d’une ancienne église, magnétos exotiques, orgues cheap, brocantes, dépôts-vente… les boutiques de musique de La Rochelle n’ont guère vu la couleur de son oseille.

Capture d’écran 2016-07-28 à 11.08.24Effet billard et mélange des genres

L’une des caractéristiques évidentes du travail d’EL’BLASZCZYK est la porosité de ses différentes disciplines créatives. Quels que soient les domaines abordés, les techniques utilisées, les langages artistiques employés, l’outil manipulé… tout déteint sur tout, s’imbibe, déborde, se transpose….

Dans son atelier-labo-buro-studio-plateau, il passera sans complexe d’une réalisation technico-scientifique à une chanson comique. Il détournera l’idée d’un scénario de film au profit d’un petit sketch musical. Les bandes magnétiques des ses pièces électroacoustiques seront découpées, dentelées et montées avec la même précision figurative que l’un de ses collages papier. Le contenu narratif d’un tableau sera composé avec une complexité toute cinématographique, une sculpture en bois sera assemblée avec une spontanéité aussi brute que l’enchaînement rudimentaire des trois accords d’un de ses rocks rustiques.

Vaste bazar dont les actions et productions restent donc très difficilement étiquetables !

Un brico-cinéaste de la musique

Tout est là : EL’BLASZCZYK fait de la musique comme il fait son petit cinéma familial.Il ne compose pas, il scénarise. Les paroles de ses chansons sont des dialogues. Le studio est un plateau, les magnétos ses techniciens, le micro sa caméra. 1, 2, 3, 4… une mesure pour rien, clap, moteur, ça tourne, action !

Finalement, il joue ses chansons bien plus qu’il ne les chante. Multipliant les prises, il dirige ses chanteuses comme des comédiennes. Il enregistre comme il tourne et surtout…il dérushe, coupe, colle, mixe pistes et bandes comme il monte ses films. Il en fait la post prod : bruitage par ci, effet par là… et le soir on se projette la bande maquettée sur le Grundig du salon.

Le Procédé

Bien qu’il ne se complaise pas dans la “technique pour la technique”, l’impact de l’outillage d’EL’BLASZCZYK reste malgré tout essentiel dans la signature sonore si caractéristique de son travail. C’est le moment de livrer ici quelques “trucs et ficelles” de ce fameux sound from the maquis.

Au commencement il y eu le magnétophone quatre pistes avec lequel il a joué à fond, comme un gamin et son nouveau jouet. Cette technologie simplissime lui donna d’un coup le don d’ubiquité. Tout faire soi-même, de A à Z, ne compter que sur lui, telle avait toujours été sa démarche… Alors fatalement, quand il rencontre son premier quatre pistes c’est le coup de foudre. Il explore très rapidement toutes les possibilités offertes par l’appareil, passant d’un genre à l’autre, tantôt polyphonie occitano-médiévale, work-song à 4 voix, pièce pour trompette, saxophone, mélodica et banjo… EL’BLASZCZYK est partout à la fois, il joue, et c’est rien de le dire !

Très vite la méthode se construit, le procédé se précise : Bien souvent, les paroles de la chanson (le scénario) ont été imaginées très en amont de la mise en musique. Le tournage commence toujours par l’enregistrement d’une base rythmique assez rudimentaire, jouée au kilomètre, à la guitare ou à l’orgue. C’est sur la trame de cette première piste de calage que vont venir ensuite se broder, en synchro directe, les voix des interprètes. Les pistes restantes sont dédiées aux accompagnements, plus ou moins dédoublées selon la complexité des arrangements.

Seul en piste

Piste 1-A : Trame rythmique et mélodique (guitare, orgue…)

Piste 2-A : Voix (lui) et/ou (elle)

Piste 3-A : Deuxième guitare

Piste 4-A : Basse (guitare sous-accordée de plusieurs tons, pédalier basse d’un orgue de salon, contrebasse)

Les quatre premières pistes du magnéto A sont mixées et réinjectées sur une seule et même piste du magnéto B (Piste 1-B).

Piste 2-B : autres instruments (notamment pour les solos)

Piste 3-B : partie batterie

Piste 4-B : bruitages et collages additionnels

Capture d’écran 2016-07-28 à 11.08.43Ressources complémentaires

Parallèlement à sa scolarité aux Beaux-Arts, EL’BLASZCZYK a été l’élève de Christian Eloy. L’éminent compositeur de musique concrète dirigeait alors une classe de création électroacoustique au Conservatoire National de Bordeaux et le rockeur y fut admis. Nul doute que l’animal magnétophage, lâché dans un tel environnement, fut conforté dans son approche électro-artisanale de la musique. Cette période de créativité intense lui permit d’explorer une nouvelle voie aux perspectives certes infinies mais aux attentes finalement très codifiées. Sa production, pour le moins décalée, fût reçue avec beaucoup de circonspection…Pas étonnant qu’il ne fît pas long feu parmi le cercle des Pierre Schaeffer disparus.

Décidément non, cet électron libre, instable, perpétuellement radioactif, n’a jamais pu se résoudre à se caler sur l’orbite d’aucun noyau…Mais en marge de ses travaux “académiques”, le conservatoire lui permit aussi l’accès à toute une instrumentation habituellement difficile à mobiliser par un simple amateur. Grand piano, orgue Hammond, percussions d’orchestre, batterie, synthés VCS3 et Moog 55, magnétos de montage Studers… ont ainsi été “empruntés” sur place. Les horaires individuels de mise à disposition du studio étant souvent très tardifs, ces temps de travail en nocturne se prêtait parfaitement aux à côtés les plus divers…

La plupart du temps, EL’BLASZCZYK procédait lui-même à ses propres prises de son. En bon disciple de ses ainés électroacousticiens, il traquait ses bruits, son indéfectible Nagra en bandoulière et sa petite perche à bout de bras. Cette banque de données sonores a d’ailleurs servi tout autant à ses compositions de musique concrète et électroacoustique qu’à ses productions pop. Quelques sons complémentaires furent également récupérés sur de vieux disques de bruitage pour radio ou ciné : fusillades et coups de feux divers (James Bond), pétarades de moto sur Harley Davidson, porte de cellules sur Prisonnier Beatnik…

With Girls…

DOÑA BELLA n’est autre que la propre sœur d’EL’BLASZCZYK, elle se souvient :

« J’ai toujours eu l’habitude des perpétuelles mises en scène de mon frère. Ameublement des pièces de la maison chamboulé pour une séquence de super 8, un décor, des déguisements, des accessoires pour une séance de photos… la routine ! Actrice, script girl, cobaye, modèle, doublure lumière… alors pourquoi pas chanteuse ?

Magnétos, micros, paroles fraichement tapées, le casque près du pupitre : Il avait tout préparé pendant la journée et à peine rentrée du collège, il fallait m’organiser pour caser une prise de voix entre le goûter et mes devoirs, pas le temps de souffler ! »

SOFIA BELLINNA, voisine du quartier et camarade de jeux de DOÑA BELLA, avait déjà eu l’occasion d’assister aux séances de créativité familiale de son amie. Très vite repérée par le grand frère, elle fût sollicitée pour sa voix exceptionnellement mature pour son âge (elle n’avait alors qu’à peine 10 ans), à la fois plus grave que la moyenne et très expressive (la fillette faisait du théâtre). En alternative au Club Dorothée, EL’BLASZCZYK lui proposa de venir enregistrer quelques prises, le mercredi après-midi, ou en fin de journée après l’école.

Les deux complices eurent chacune leur registre, selon leur spécificités vocales et leur style de jeux : DOÑA incarnant plus l’ingénue, candide et toujours positive, son enthousiasme à peine entamé par les excès du TAPFEX (Taqui Oualqui, Tapfex, Radiographie…), la parfaite complémentarité du contraste. Alors que SOFIA, plus canaille et un brin effrontée, interprétait à merveille les rôles de coquines (Détecteur de mensonges, Quand tu m’caresses…).

Sketch pop et Joke & Roll…

Jean Yanne, les Charlots, Henri Salvador, Georges De Giafferi… S’il avait été leur contemporain, nul doute qu’à leurs côtés EL’BLASZCZYK aurait partagé les mêmes bacs chez les disquaires de l’époque… mais ce créneau n’existe plus… Alors dans quel tiroir ranger cet improbable escogriffe, cet artisan rockeur d’un genre révolu : rock belge, rétro-brico multipistes, rock bides & roll, nanar garage ? Laissons les musicologues à l’absurdité de leurs classifications obsessionnelles, lâchons prise et laissons-nous aller, simplement, spontanément, à l’écoute primaire de cette originale fabrication.

credits

released September 2, 2016

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