LE TROUBADOUR DE LA SAVANE 1978​-​1980

by PIERRE SANDWIDI

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about

(English texte Below)

Pendant des décennies la musique burkinabè est restée dans l’ombre des musiques en provenance des pays voisins comme le Mali, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou le Bénin, plus reconnus pour leurs cultures populaires. Avant que la Haute-Volta ne change son nom en Burkina Faso grâce au rêve de société nouvelle promue par Thomas Sankara, la musique voltaïque s’est développée au cours des années ayant suivi l’indépendance obtenue en 1960.
En dépit de son enclavement géographique et d’une évidente précarité économique, le Burkina Faso a été le foyer d’une véritable révolution culturelle au cours des années 1970, grâce à des formations comme le Volta Jazz, l’Harmonie Voltaïque ou le Super Volta en passant par des artistes comme Amadou Balaké, Georges Ouedraogo, Abdoulaye Cissé ou Pierre Sandwidi.
Surnommé « le troubadour de la savane », Pierre Sandwidi est l’une des grandes vedettes voltaïques à la croisée des décennies 1960 et 1970. Il est aussi l’une des figures oubliées de la chanson africaine francophone, aux côtés de figures tutélaires comme Francis Bebey, G.G. Vickey, Amédée Pierre, André-Marie Tala, Pierre Tchana ou encore Mamo Lagbema. Il est l’auteur de huit 45 tours et de deux albums 33 tours, ainsi que d’une poignée de cassettes.
Homme de la province, il s’est toujours distingué par son engagement social et des paroles souvent aux antipodes des préoccupations de son époque. Artiste sensible et engagé, il a su s’imposer comme l’une des voix voltaïques les plus singulières de sa génération. Dès ses débuts, il va imprimer une nouvelle direction à la musique moderne de son pays. Ses chansons confrontent clairement les changements sociaux en cours sous la présidence morne du Général Lamizana.
Pierre Sandwidi naît en 1947 à Boulsa, une localité du centre du pays. Au début des années 1960, il étudie au Lycée Zinda Kaboré de Ouagadougou. Il y apprend à jouer de la guitare comme la majorité des jeunes lycéens de l’époque, influencé par le chansonnier béninois G.G. Vickey. En 1964, son bac en poche, il est un temps infirmier à l’hôpital Yalgado Ouedraogo, une expérience qui le marquera durablement.
L’année suivante, il devient technicien à Radio Haute Volta, tout en étoffant son répertoire et son jeu de guitare. Il appartient alors au mouvement des « vedettes en herbe », au même titre que Jean-Bernard Samboué, Abdoulaye Cissé, Oger Kaboré, Joseph Salambéré ou Richard Seydou Traoré. Ces jeunes chanteurs sont connus du grand public parce que leurs chansons sont diffusées sur les ondes de la radio nationale où elles sont enregistrées en direct, sans qu’elles ne soient encore publiées sur disque.
En 1970, Pierre Sandwidi devient enquêteur à l’Institut de Recherches pour le Développement (IRD). Il sillonne alors le pays et s’imprègne de ses différentes traditions culturelles. Il s’engage alors dans le mouvement syndical, tout en poursuivant ses activités musicales. Sa riche expérience professionnelle lui donne un point de vue objectif pour ses chansons, ainsi qu’une connaissance empirique de l’histoire et des coutumes de son pays.
En 1971, il obtient le premier prix du Cercle d’Activités Littéraires et Artistiques de Haute-Volta dans la catégorie des chanteurs modernes ou « vedettes de la chanson », en raison notamment de la portée de ses paroles. Cette même année, il est recruté comme guitariste au sein du Ballet National de Haute-Volta, dirigé par Sotigui Kouyaté, conçu selon le modèle guinéen des Ballets Africains. Avec eux, il entreprend ainsi une tournée régionale qui les conduit au Niger, en Côte d’Ivoire et au Bénin, avant de visiter le Canada en 1973.
De retour en Haute-Volta, il fait la rencontre de l’entrepreneur culturel Idrissa Koné lors d’un concert à Bobo-Dioulasso, la grande ville culturelle du sud du pays. Koné préside alors aux destinées du Volta Jazz, la plus grande formation des années d’indépendance. Koné lui propose d’enregistrer quelques chansons pour sa marque Disques Paysans Noirs établie à Bobo-Dioulasso. Il enregistre alors Lucie, une chanson romantique qui s’inscrit dans le chant d’amour mandingue classique (diarabi), en combinant des influences afro-cubaines d’inspiration congolaise avec les accents de la chanson française.
« Lucie mon amour, Lucie mon amour / Certains sont venus en voiture / Certains sont venus avec la Yamaha / Moi je n'ai pas de voiture / Je ne possède même pas un vélo / Je suis juste venu avec ma guitare / Je ne trouve pas les mots pour te dire mon amour / Ecoute ma guitare / Elle vibre pour toi / La lune s'éclaire / Quand tu dis que tu m’aimes ». Ces paroles sensibles imposent d’emblée le rôle du troubadour intègre mais sans le sou, thème que l’on retrouve dans d’autres chansons voltaïques comme L’homme à la guitare d’Abdoulaye Cissé ou Bar Konon Mousso d’Amadou Balaké.
Encouragé par le succès de ses premiers morceaux et sûr de sa vision artistique, Pierre Sandwidi démissionne alors de l’IRD pour se consacrer entièrement à la musique. Il enregistre alors quelques morceaux à Abidjan. Depuis la métropole ivoirienne, il dénonce les gabegies et l’état des rapports sociaux dans son pays. En tant que syndicaliste et membre du Parti Africain de l’Indépendance, il s’oppose à la politique du Général Lamizana alors que d’autres artistes, à commencer par Amadou Balaké, louent ce président, à la manière des griots mandingue. Ses paroles dénoncent notamment le manque de moralité et l’augmentation des nouveaux riches au sein d’une administration corrompue à Ouagadougou, tout en exaltant les valeurs de la classe ouvrière et des paysans.
En 1975, Pierre Sandwidi enregistre deux 45 tours dans l’enceinte de la Maison du Peuple pour le compte de la Compagnie Voltaïque du Disque. Sur la scène de l’imposante salle de concert édifiée par la coopération chinoise en 1965, un simple magnétophone Akaï fait office de console d’enregistrement. Il est alors accompagné par le Super Volta et la guitare élégante de Désiré Traoré. En dépit de conditions d’enregistrement pour le moins drastiques, sa voix plus mature révèle de nouvelles possibilités harmoniques.
En 1976, il enregistre trois nouveaux 45 tours. Pierre Sandwidi est cette fois-ci accompagné par l’Harmonie Voltaïque que vient de quitter son leader Maurice Semporé. Tond yabramba (« Nos ancêtres ») est l’un des sommets de cette collaboration. Un orgue sinueux permet à Sandwidi d’atteindre de nouveaux sommets alors que la mélodie de ce morceau s’impose instantanément, devenant familière dès la première écoute. Vision transversale de l’histoire de son pays, cette chanson figure au panthéon des morceaux engagés enregistrés sur le continent africain.
« Le Blanc est venu armé de son fusil / Il a visé et tué / Le Blanc est venu pour conquérir notre pays / Et nous avons résisté pour libérer notre pays / La Haute-Volta a beaucoup souffert / Elle a souffert sous l'oppression du Blanc / Livres ceci, livres cela / Et nous endurions la souffrance / Les esclaves ont beaucoup souffert / Et d'autres problèmes se sont ajoutés / Avant-hier nous pleurions de faim / Nous aspirons aujourd’hui à la joie de vivre / Et au bonheur / La Haute-Volta est restée en arrière / Peuple, réveille-toi / Ne reste pas passif / Construire son pays c'est se construire soi-même/ Chaque arbre a ses racines / Ne reste pas en arrière / Pour le travail, travaille avec ardeur / Mettons notre cœur à l'ouvrage / Pour la lutte, luttons jusqu'à la mort / La mort vaut mieux que la honte / Le cœur ardent / Mettons notre cœur à l'ouvrage / Nos ancêtres se sont battus avec bravoure / Les rivalités ne sont pas un acte de bravoure / Seule l'abnégation au travail est de la bravoure / La bonne entente est de la bravoure / Le dialogue est de la bravoure / Ancêtres, veillez sur nous ». Cette magistrale leçon d’histoire et de conseils prodigués au peuple voltaïque rencontre un certain succès sur les ondes.
Sur le 45 tours suivant, Pierre Sandwidi dresse une satire éloquente concernant l’émigration rurale vers les grandes villes du pays, à commencer par la capitale Ouagadougou. Hymne instantané, Ouaga affaires lui vaut l’affection immédiate du public voltaïque. « A Ouaga, tout est devenu affaires / Tu ne peux pas trouver du travail / A Ouaga, tout est devenu affaires / Les voleurs cassent les portes des maisons / A Ouaga, tout le monde dit / Viens on va faire affaire / La jeune fille mère / Qui entre ici et sort par là / Elle monte sur la vespa / Elle monte dans la voiture / Les mauvaises filles / Mettent les enfants au monde / Et les abandonnent dans les fossés / Moi je ne drague pas les femmes à Ouaga / Elles brillent comme de l'or / Elles sont insouciantes / Et se moquent de la vie / Moi je suis venu chercher du travail / Je ne savais pas que le travail était devenu affaire / Tout est devenu affaire à Ouagadougou / A Ouagadougou, le tô ne se mange pas gratuitement »
Dans une veine proche, l’incisif Je demande ma démission s’impose également comme l’un des grands titres de son répertoire. Ce chant satirique conforte son statut d’auteur/interprète engagé, proche des considérations du peuple. Fin observateur, Pierre Sandwidi est conscient de l’évolution rapide de la société voltaïque.
« Monsieur le Directeur je demande ma démission / Depuis années je suis manœuvre / La vie est devenue compliquée / Ne me malmenez pas/ Un manœuvre est un paria / Au travail dès 7H du matin / Et à la fin du mois / Tu ne sais que faire / L'argent n’est pas suffisant / Moi, je vois des hommes d'affaires, sacoche à la main/ Abandonner la moto Yamaha / Pour la voiture 404 / Je demande ma démission / Si je gagne de l'argent Monsieur le Directeur / Nous serons tous pareils / Si tu achètes la voiture 504 / Moi j'achète la Toyota / Ton argent ne m'impressionne pas / C'est mon argent qui parle »
Pierre Sandwidi se fait ici fin chroniqueur des nouveaux modes de vie urbains et de consommation. La présence rythmique de l’Harmonie Voltaïque et l’équipement récent de la Radio Rurale permettent une restitution plus ample de ses compositions. En 1977, Pierre Sandwidi poursuit sa série de succès avec le superbe Yamb ney capitale (Vous et votre capitale), l’une de ses plus belles chansons. Il est accompagné de nouveau par le Super Volta de la Capitale dirigé par l’élégant guitariste Désiré Traoré.
« Regarde moi bien / Je suis né ici / J'ai grandi ici / Par la grâce de Dieu / Je suis devenu fonctionnaire / J'ai pris 3 mois de congés pour venir à la capitale / Ouagadougou n'est plus possible / Moi je retourne dans mon village / Au revoir mes amis / C'est vous qui connaissez votre capitale / Je retourne dans mon village / Je ne peux plus vivre avec vous ici / Juste pour assouvir mon plaisir / On me demande 300 francs / Elle me dit qu’une nuit coûte 1 000 francs / Si je ne paye pas / Elle me convoque au commissariat de police / J'ai dû lui donner cet argent/ Pour qu'elle s'en aille / Je ne peux plus vivre ici avec vous ».

Ce titre raisonne haut et fort sur la scène musicale ouagalaise alors qu’il évoque une morale défaillante et de plus en plus individualiste dans la capitale. Ses propos sont amplifiés par les riffs d’orgue du ghanéen Father Ben. Sandwidi loue notamment la vertu des laissés pour compte, venus des campagnes. Cette désillusion des ruraux face aux affaires de Ouagadougou annonce les évolutions sociétales des décennies à venir. En face b, dans la même veine, Mam ti fou s’impose comme l’un de ses morceaux les plus prisés, grâce à sa mélodie instantanée. Les paroles évoquent une nouvelle fois la perte des repères et un sens du profit de plus en plus flagrant.
Ce 45 tours se vend à près de trois mille d’exemplaires, un record dans un des pays les plus pauvres du monde, où, si la musique est une vérité naturelle, la posséder, l’enregistrer et la publier relève d’un véritable parcours du combattant. En 1979, Pierre Sandwidi retourne à Abidjan pour y enregistrer son premier album pour la marque Disc-Orient, avec l’aide de son compatriote Prince Edouard Ouedraogo. Cet album s’attaque une nouvelle fois, depuis l’étranger, aux problèmes de son pays, avec un réalisme impressionnant.
Sandwidi lance sa propre danse, « le callao », en hommage à cet oiseau sahélien qui sautille au lieu de marcher. De troubadour, il devient l’une des vedettes des dancings d’Afrique de l’Ouest, sans jamais se départir de ses traits d’esprit et d’un humour proverbial. Boy cuisinier évoque ainsi les mésaventures d'un domestique trimbalé par son patron en Europe, ourlé de synthétiseurs au bord de la syncope, dans un registre proche de Francis Bebey ou de William Onyeabor. Les paroles en français de contrebande racontent une virée naïve à Pigalle. Face à toutes ces tentations, Pierre Sandouidi chante, impassible et fidèle à ses valeurs : « Il faut rester africain/ Moi reste africain ».
Morceau typique de danse callao, Marietou invente la variété française sahélienne. Ce titre paraît en 45 tours sur son propre label, Kouri Productions. En face b, on retrouve une nouvelle chanson satirique, Missie Issa.
« Ecoute l'histoire d’un gars nommé Issa / Moi, je préfère la pauvreté dans la dignité / La dignité ne se construit à partir du néant / Les seules occupations de Missié Issa / C'est de rendre visite aux gens pour les saluer / Et leur raconter tout ce qu'ils n'ont pas vu / Pour soutirer 25 francs par ici, 15 francs par-là / C'est de s'installer dans les cabarets et tendre les jambes / Dans l'attente que quelqu'un lui paie 25 francs de dolo (bière de mil)/ Issa se met alors à raconter des mensonges / Lui, il sait tout sur la vie des gens / Tiens ce monsieur qui marche là bas / Il ne vaut rien / Sa femme l'a quitté / Issa poursuit son mensonge / Une jolie femme m'a poursuivi / Je lui ai dit de me foutre la paix / Toutes ces paroles sortent de la bouche d'Issa / Il a 40 ans / Où est sa femme ? Où sont ses enfants ? / Occupe-toi de tes affaires Issa ! ».

Avec l’aide de ses collègues du Super Volta, le guitariste Zon Boukary et Tiemoko ‘Pacheco’ Traoré à la guitare rythmique, sans oublier Father Ben aux claviers, Sandwidi enregistre son deuxième opus à Ouagadougou. Appelé Troubadour de la savane, cet album évoque la triste situation politique, économique et sociale de la République de Haute-Volta à la veille de la révolution orchestrée par Thomas Sankara. Sur l’éloquent Fils du Sahel, Pierre Sandwidi répète comme un mantra un refrain aux allures de slogan politique : « amitié et solidarité dans la paix et la justice » !

Plus sentimental, le slow hypnotique, Je suis un salaud est zébré par les nappes de synthétiseur hypnotique de Father Ben. « Comme je suis un salaud / Je crie seul dans la nuit / Comprends moi ma jolie / Je reviendrai te pleurer ma jolie » chante Sandwidi. Ce titre remporte un franc succès en Haute-Volta. Il s’agit de sa dernière production vinyle et l’un des meilleurs albums publiés dans le pays.
Au cours de la Révolution (1983-1987) dirigée par le visionnaire Thomas Sankara, la Haute-Volta devient le Burkina Faso, « le pays des hommes intègres ». Pierre Sandwidi s’investit alors activement dans l’animation culturelle de son quartier en sa qualité de militant du Comité de Défense de la Révolution. Après la chute de Sankara, il délaisse la politique. Il compose alors chansons et pièces de théâtres. En 1995, il publie sa dernière œuvre, Cousin Halidou, produite en format cassette par Bazaar Music de Moussa Kaboré. Malade, Pierre Sandwidi décède en 1998.
Ses obsèques ont un retentissement national alors qu’une nouvelle génération redécouvre ses œuvres fondatrices. En dépit de cette reconnaissance posthume, il avait coutume de dire à sa famille que nul n’est prophète en son pays. Selon sa femme, Pierre Sandwidi était persuadé qu’un jour un intérêt se porterait depuis l’étranger sur son œuvre. Vingt ans après sa disparition, cette compilation rend ainsi hommage à l’un des artistes les plus singuliers et intransigeants d’Afrique de l’Ouest.
Florent Mazzoleni
Remerciements à : Famille Sandouidi, Dragoss Ouedraogo, Abdoulaye Cissé, Yasmine Zetiyenga.

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PIERRE SANDWIDI
Troubadour from the bush
For many decades until quite recently, little was known about music from Burkina Faso (which was formerly known as the Upper Volta). It is still one of the lesser known forms of popular music from West Africa. A few years before the country changed its name to Burkina Faso, thanks to Thomas Sankara’s dream of a new society, Voltaic music emerged as some kind of true cultural revolution in the wake of the country’s independence in 1960. Remote, poor and isolated, Upper Volta musicians coveted the orchestras and artists from abroad while creating a music of their own, based on rich cultural traditions.
Popular music that sprung up from Burkina Faso owed much to the music from neighboring countries like Mali, Ghana, Ivory Coast or Benin, and to the longing for “cultural authenticity” conveyed through Guinean music. In capital city Ouagadougou, as well as in Bobo-Dioulasso (Burkina’s cultural capital until the 1980s), the first two decades of independence saw the upcoming of such orchestras and artists as Amadou Balaké, Georges Ouedraogo, Volta Jazz, l’Harmonie Voltaïque, Les Imbattables Léopards, Abdoulaye Cissé, Tidiane Coulibaly or Pierre Sandwidi.
Nicknamed “the troubadour from the bush”, Pierre Sandwidi stands as one of the finest Voltaic artists from the 1970s. He belonged to an unsung elite of Francophone artists such as Francis Bebey, G.G. Vickey, Amédée Pierre, André-Marie Tala, Pierre Tchana or Mamo Lagbema. His entire released output consists of less than ten 7 inches, two LPs and a bunch of cassettes. A man from the provinces, he always favored social engagement and carefully crafted lyrics over instant fame. His words and music challenged General Lamizana’s dreary presidency, which ruled the country from 1966 to 1980.
Born in 1947 in Boulsa, a small village in central Upper Volta, Pierre Sandwidi studied at the Zinda Kaboré high school in Ouaga in the early 60s. He learned to play the guitar, like many other young men of his generation, influenced, among others, by pioneer Beninese folk singer G.G. Vickey. After graduating, he worked for some time as a nurse, before applying for a job at the national radio – while developing his guitar abilities.
Along with his friends Jean-Bernard Samboué, Abdoulaye Cissé, Oger Kaboré, Joseph Salambéré or Richard Seydou Traoré, he was part of the “vedettes en herbe” movement. Their songs were played on the national radio before even getting the chance to be released on a single, recorded live in the studio – a straightforward technique favored by most Voltaic musicians over the decade.
In 1970, Pierre Sandwidi traveled across the country, working for the state and learning much from the Upper Volta’s many cultures and history. Involved in trade unions, he followed his own musical path. He observed changes at stake in his native country. In 1971, he won the first prize in the ‘modern singers’ category of a national competition. He also joined as a guitar player the National Ballet of Upper Volta, modeled after Guinea’s “African Ballets”. With them, he traveled to Niger, Ivory Coast and Benin, before visiting Canada in 1973.
Back home, he met Bobo-Dioulasso cultural entrepreneur and Volta Jazz boss Idrissa Koné, who offered him to record a few songs for his own imprint, Disques Paysans Noirs. Sandwidi then delivered Lucie, a romantic song in the classic mandingo vein (‘diarabi’ or ‘love song’), while combining Afro-Cuban influences (by way of Congo) with French songs. He only had his bicycle and a guitar to conquer his young love, while others drove cars or rode motorbikes. Penniless but full of love, he walked in the steps of both Abdoulaye Cissé’s L’homme à la guitare and Amadou Balaké’s Bar Konon Mousso.
As a trade unionist and a member of the African Independence Party, he opposed General Lamizana’s politics, denouncing the lack of morality and the corrupted new administration in Ouagadougou, while praising the virtues of the working class and the wisdom of farmers. In 1975, Pierre Sandwidi recorded two more singles at the Maison du Peuple for CVD (Compagnie Voltaïque du Disque). Using an Akai recorder as a soundboard, he was backed by Super Volta’s mighty guitar player Désiré Traoré. In spite of such a raw recording environment, his mature voice revealed new harmonic possibilities.
In 1976, he recorded 3 more 45s with L’Harmonie Voltaïque as a backing band. Tond yabramba (“Our ancestors”) was the peak of this fruitful collaboration. A sinuous organ allowed Sandwidi to reach new heights, with a stunning melody that became instantly familiar. Recounting his country’s chaotic history, it stood as one of the continent’s best political songs. A true lesson of history, this song has been played enough on the radio to gain cult status.
On his next single, Sandwidi sang about rural migration to the city, especially Ouagadougou. A true anthem, Ouaga affaires was another instant classic favored by the Voltaic audience. In the same vein, Je demande ma démission is one of his most beloved songs. A fine observer, Sandwidi tackled the fast evolution and modernization of the Voltaic society. In 1977, he delivered the amazing Yamb ney capitale (“You and your capital”), one of his best songs, with masterful guitar by Super Volta’s Désiré Traoré. Once again, he fought against ailing morality and rising individualism in the country’s capital. Sandwidi praised the virtues of country dwellers, enhanced by Ghanaian lo-fi keyboards wiz Father Ben. The b-side Mam ti fou is another instant classic, dealing with the loss of identity and an ever-increasing race for profit. This single sold over 3,000 copies, a true achievement in one of the world’s most destitute countries.
In 1979, while in Abidjan, Pierre Sandwidi recorded his first full length LP with the help of Voltaic Prince Edouard Ouedraogo. It confronted once again his country’s true state of affairs. He launched his own ‘callao’ dance, as a homage to this Sahelian bird that bounces instead of walking.
A standout track, Boy cuisinier dealt with the adventures of a cook confronted to European stark realities, with synths on the brink of collapsing, in a Bebey or Onyeabor mode. Confronted with many temptations, Sandwidi sang about his will to stay true to his values, being first and foremost an African; a genuine plea in those harsh years. A true callao song, Marietou sounds like genuine French Sahelian pop. It was released on Kouri Productions, his own label. The b-side Missie Issa denounced nepotism and corruption.
With the help of his Super Volta friends, among which guitar player Zon Boukary, rhythm guitar player Tiemoko ‘Pacheco’ Traoré and Father Ben on keyboards, Sandwidi produced his second LP in Ouagadougou. Troubadour de la savane is a vibrant testimony of the Upper Volta, just before Thomas Sankara’s revolution changed the country’s name to Burkina Faso. On Fils du Sahel, Sandwidi delivered a true political slogan : “Friendship and solidarity in peace and justice.”
On a more romantic note, Je suis un salaud is a deep, heartfelt Sahelian ballad – one of the key tracks from this album and one of his most cherished songs to this day. During the Sankara years (1983-1987), Sandwidi took part in the cultural animation of his neighborhood as a militant of the mighty CDR (Comité de Défense de la Révolution). After Sankara’s fall in 1987, Sandwidi distanced himself from politics, focusing on writing new songs and plays. In 1995, he delivered his last piece of music: Cousin Halidou, released through Moussa Kaboré’s Bazaar Music. Being of fragile health, Pierre Sandwidi passed away in 1998, leaving a beloved and dedicated family behind.
His funeral had a national echo, while new generations are slowly rediscovering a great body of work. Sandwidi used to tell his family that one day, some interest would come from abroad regarding his artistic legacy. Twenty years after he died, this compilation stands as a vibrant tribute to one of West Africa’s most outstanding and adamant artist.
Florent Mazzoleni
Thanks to: the Sandwidi family, Dragoss Ouedraogo, Abdoulaye Cissé, Yasmine Zetiyenga

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released April 10, 2018

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