Various MORIS ZEKLER - Fuzz & Soul Sega from 70's Mauritius

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about

ENGLISH TEXT BELOW
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Paradis fiscal et destination rêvée pour voyageurs fortunés, la république de Maurice est un pays multiethnique en plein boom économique et social. Banque, textile, télécoms, tourisme… dans ce melting-pot au dynamisme effréné les affaires fleurissent. Mais à quelques encablures des plages paradisiaques et des hôtels grand standing, de quasi-bidonvilles rappellent qu'une grande partie de la population, souvent créole (d'origine afro-malgache) reste encore exclue du « miracle économique mauricien ». Ces Créoles sont pour la plupart descendants d'esclaves qui furent déportés massivement aux XVIIIème et XIXème siècles depuis Madacascar et les côtes d'Afrique orientale pour la culture des épices et du café puis de la canne à sucre. Aux marges de l'enfer des plantations est recomposée clandestinement une musique appelée tchiega, chéga ou encore tsiega, lointain cousin du blues. De l'évolution progressive de ce séga originel va apparaitre, dans le contexte singulier de l'île Maurice des années 70, la musique unique que scrute cette sélection. Au croisement des cultures afro-malgache, occidentale et indienne, nait ainsi entre arrangements pop, soul et funk, polyrythmies ternaires syncopées, guitares saturées, orgues psychédéliques et vocaux créoles un phénomène musical aussi étonnant que l’éclosion d’une fleur tropicale.

L'archipel des Mascareignes, situé dans le Sud-Ouest de l'Océan Indien comprend les îles de la Réunion, Maurice et Rodrigues. Encore vierges de peuplement humain voilà à peine 500 ans ces îles hébergent alors une faune et une flore unique, dont le fameux dodo, emblème de l'île Maurice, des tortues terrestres géantes, ou encore le flying fox, une grande chauve-souris frugivore. Colons hollandais, français et anglais pratiqueront la traite négrière à Maurice avant que l’esclavage, et son corollaire le terrible code noir, y soient finalement aboli en 1835. S’ouvre alors la période de l'engagisme, souvent qualifiée d'esclavage déguisé, pendant laquelle des centaines de milliers de travailleurs sous contrats immigrerons depuis l'Inde et l'Asie du Sud-Est pour fournir la main d’œuvre nécessaire, dans le système des plantations, à la culture généralisée de la canne à sucre.

Si la genèse du séga des origines reste mal connue, on sait qu'il syncrétise des pratiques vocales et percussives originaires de Madagascar, du Mozambique et de l'Afrique de l'Est. Soupape sociale, lieu d'improvisation, de satyre et de joute verbale, il transcende le quotidien et permet l'expression des conflits et la transgression des tabous. Indissociable de la danse, le séga s’expose ainsi en couple : les corps se frôlent, se toisent, s’excitent mais ne se touchent jamais.

La ravanne, instrument principal du séga est un grand tambour sur cadre fabriqué d'un cerclage de bois sur lequel est tendue une peau de chèvre. Les musiciens l’accompagnent de la maravanne, hochet rectangulaire rempli de graines, et souvent d'un triangle, d’une bouteille, d’une machette ou d’un quelconque objet métallique frappé à l'aide d'une baguette. La pratique du séga existe également sous une forme rituelle et mystique, tombée en oubli à Maurice, mais encore présente à la Réunion où elle donne lieu à d'impressionnantes transes de possession lors des "servis malgas", cultes dédiés aux ancêtres.

Les chansons de marins, les romances de l'ancienne France, les traditions folkloriques bretonnes, et bien sur les nombreux apports rythmiques et mélodiques venus d'Inde ont certainement influencé le séga. Les danses de salon européennes en vogue (quadrille, scottish, valse, polka, mazurka) sont introduites par les milieux bourgeois et les populations créoles s'en approprient les répertoires et l'instrumentarium (violons, mandolines, pianos). Ce premier métissage est parfois appelé "séga salon".

Jean Alphonse Ravatton dit "Ti Frère" est considéré comme le "chaînon manquant" entre le séga des origines et la modernité. Né en 1900 à Quartier Militaire, il apprend de son père lui même chanteur de séga animant "bals bobèche", éclairés à la lampe à pétrole et "bals rann zariko", où une fève dans un gâteau détermine qui organisera la prochaine fête. Fabuleux improvisateur, "Ti Frère" chante de sa voix éraillée les amours impossibles, les querelles conjugales, la misère sociale, l'alcoolisme et la violence. Il sera l'inspiration des générations de ségatiersà venir. Son morceau "Tamassa", gravé sur 78 tours dans des conditions rudimentaires par la maison Damoo, pionnière de la production phonographique à Maurice, sera le premier enregistrement local. Le ségatier conteur Fanfan, "le Capitaine" Michel Legris , la famille Cassambo ou encore le pêcheur et guérisseur Nelzir Ventre de Poudre d'Or sont autant de figures singulières du séga "typik" ayant préservé l'héritage culturel afro malgache et influencé le séga moderne.

Aujourd'hui célébré comme emblème du mauricianisme, le séga est pourtant longtemps resté très mal vu, interdit dès sa création par l'administration coloniale qui redoutait révoltes et attroupements d'esclaves. La belle société méprise alors cette musique de "noirs tcholos", grotesque, tapageuse et répétitive, tandis que les missionnaires catholiques fustigent la danse du séga, jugée licencieuse et dépravée.
Ce n’est qu’à partir des années 50 que le style sort de l’ombre. Les soldats mauriciens engagés aux côtés des anglais dans la 2nde guerre mondiale ont ramené guitares, banjos et accordéons. Les premières formations orchestrées comme le Typhoon Band, l'Orchestre de la Police ou les Pepitos investissent les fancy fairs, les kermesses et les salles de cinéma. Une génération de chanteurs populaires émerge avec Roger Augustin, Jacques Cantin, France Jemon, Francis Salomon et surtout le célèbre Serge Lebrasse, qui va beaucoup contribuer à la démocratisation du séga avec l'énorme succès de son 1er titre "Madame Eugène" qui conquiert les ondes en 1959. Le 45 tours est produit par John Venpin sur "Dragons", label émergeant qui va marquer les années 60 et 70 par une production continue de 45t, à l'instar de Neptune de Michel Foo Fat et Do Ré Mi d'Henri Ah Koon, autres maisons tenues par des commerçants chinois.

L'industrie touristique naissante voit vite le séga comme une plus-value et un gage d'authenticité. Les orchestres s’invitent peu à peu dans les hôtels, jouant leurs ségas parmi toutes sortes de variétés et reprises de tubes internationaux. Ce sont aussi les débuts de la TV mauricienne et de programmes consacrés au séga comme le "Star Show" de l'excellent claviériste Gérard Cimiotti, qui lancera la carrière de nombreux chanteurs. Cimiotti fait partie de la poignée d'arrangeurs de génie qui vont, au cours de deux décennies propulser le séga. Le plus prolifique et surprenant d'entre eux est sans doute Marclaine Antoine, talentueux guitariste et multi-instrumentiste autodidacte, producteur et arrangeur qui signera des centaines de 45 tours pour nombre de chanteurs : « Ils venaient me voir avec une chanson composée sur deux ou trois accords ou sur la ravanne » se souvient-il « Je proposais des arrangements et on enregistrait avec mon orchestre, souvent juste voix, basse, guitare rythmique et batterie car on n'avait qu'un 4 pistes à l'époque. J'allais ensuite à la Réunion faire des re-recordings, percussions, chœurs, solos de guitare, claviers etc... Les disques étaient ensuite pressés à Madagascar chez De Comarmond".
Raoul De Comarmond et son fils Jean-François avaient monté en 1959 la première usine de pressage de 78 tours de l'Océan indien dans des conditions rocambolesques. Ils vont, en plus de financer de nombreux labels assurer à partir des années 60 la plupart des pressages de 45 tours de la Réunion, Maurice, et Madagascar, une production de près de 5000 références sur 20 ans.

Le chanteur Claudio Veeraragoo, après des débuts dans la variété et le bollywood, devient le premier ségatier d'origine indienne mais aussi l'un des pionniers du son rock et des guitares saturées à Maurice. Fan de Santana, de Jimmy Hendrix et des Shadows, il enregistre en 1971 le terrible "Qui Fine Arrivé", peine d'amour chantée sur toile de riffs abrasifs signés James Furcy. Le groupe s'appelle "les Copains" avant de devenir "les Sataniks" ou le "Satanik Group". Claudio marquera les esprits par ses ségas inspirés de Bollywood et de Qawwalî, puis avec le hit Ambalaba repris par Le Forestier, qui l’imposera à l'international comme une des plus grandes vedettes mauriciennes. Dans cette fameuse session de 1971 Harold Berty, autre chanteur d'origine indienne, enregistre son premier 45t d'où provient le titre "Django", ode au fameux pistolero du western spaghetti éponyme. "Mo'nn tir sa kou revolver ek mo labouss" se rappelle-t-il : l'effet du coup de revolver et de la balle qui siffle est simulé par sa propre voix.

Autre monument, le ségatier de Rose-Hill Jean-Claude Gaspard, fils de Roger Augustin fut d'abord guitariste des Yankees, orchestre de Sege Lebrasse, avant de devenir l'un des plus célèbres chanteurs de l'Océan Indien durant une carrière locale et internationale de plus de 40 ans. Compositeur prolifique et talentueux chroniqueur du quotidien, il est apprécié pour ses ségas humoristiques à double sens. Jeux de mots, ironie et allusions sexuelles font partie intégrante du style. Fin spécialiste, le chanteur Coulouce (Jean Pierre Mohabeer) sera même censuré par la radio mauricienne avant de sombrer dans l'alcool et de mourir, à l’instar de nombreux artistes de sa génération, dans la misère et l'indifférence.


Quelques mois après l'indépendance de 1968, une guerre des gangs embrase Port Louis, dérivant en de violentes émeutes raciales. S'ensuit la naissance du MMM (Mouvement Militant Mauricien) qui, s'inspirant de Frantz Fanon et de Mai 68, propose de remplacer la lutte des races par la lutte des classes. C'est le début des années de braise, 10 années dans lesquelles s'inscrivent grèves, répression policière, révolte étudiante et état d'urgence. Soit une décennie de profondes mutations culturelles révélant la bouillonnante identité multiethnique mauricienne. Le mouvement emblématique du "santé engazé", qui mêle musique indienne, séga et militantisme progressiste, apparait avec Siven Chinien, Grup Latanier ou la formation Soley Ruz qui réunit Bam Cuttayen, Rosemay Nelson, Micheline Virahsawmy, Nitish & Ram Joganah, Lélou Menwar et Eric Nelson.

Ce dernier monte, en tant que guitariste soliste et arrangeur, les "Features Of Life" qui vont au milieu des 70's accoucher d'un nouveau son. Guitares fuzz miaulantes et rythmiques funk s'invitent sur les tournes ternaires débridées du fabuleux batteur Raoul Lacariate, frère des chanteuses Micheline Virahsawmy et Rosemay Nelson, génie maudit qui disparaitra tragiquement avant l'heure. Le groupe accompagne une nouvelle vague de chanteurs, dont l'atypique Joseph Roland Fatime alias Ti L'Afrique, personnage survolté et hyperactif, fan de blues et de James Brown qui va lancer un style de séga explosif, raw et funk. Originaire de Plaine Verte, quartier arabe de Port Louis et issu d'une famille de chanteurs de Kawwal, il sera tour à tour ségatier, militant politique, débardeur, masseur dans les hôtels, animateur au Club Med, et même pasteur et coach sportif ! Durant les années 70, sa réputation de "bad boy" le précède. Aujourd'hui repenti, il coule des jours paisibles dans la banlieue portlouisienne. Dans son sillage on trouve Joss Henri, qui sera guitariste dans les Caméléons aux côtés d'Alain Peters, Daniel Delord, ambassadeur de la musique seychelloise à Maurice ou encore l'excellent Georges Gabriel. Le frère d'Eric Nelson, John Kenneth, se distingue comme l'une des voix les plus originales de l'île, avec son style énergique et abrasif. Son morceau Missié Coutou, repris sans succès par notre Carlos national, sera un véritable hit dans l'Océan Indien. Bien que moins connu, son premier 45t réédité ici est tout aussi brillant.

Avec les années 80 l'arrivée des K7 signe la mort du vinyle : de nombreuses maisons de disque jettent l'éponge face aux copies qui inondent le marché. Le rôle des arrangeurs qui dirigeaient les formations et supervisaient les enregistrements disparait. Sonos et DJ’s remplacent les groupes qui assuraient les prestations pour les bals et mariages, cantonnant les concerts dans les hôtels et les cérémonies officielles. Le séga subit dès lors un appauvrissement stylistique et mélodique, qui s'accentue avec l'arrivée du numérique et l'uniformisation des productions.
Le mouvement du seggae, mélange de reggae et de séga perce avec Joseph Réginald Topize alias Kaya, dont la mort en prison dans des circonstances troubles en Février 1999 provoque des émeutes historiques qui feront plusieurs morts. Le chanteur percussionniste Stéphano Honoré, plus connu sous le nom de Lélou Ménwar devient, après ses débuts auprès de Marclaine Antoine l’un des créateurs majeurs du seggae, mais préfère développer son propre style, le sagaï, influencé par le séga typik, le maloya réunionnais, le blues et le funk. Il reste à ce jour l'un des artistes les plus surprenants des années 90 et 2000. L'un des rares à avoir su faire évoluer la saga du séga dans une direction toujours plus personnelle et originale.


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A tax haven and dream destination for wealthy travelers, the Republic of Mauritius is a multi-ethnic country that is currently experiencing full economic and social ascension. Banking, textile, tech, tourism industries… in this fast-paced melting pot, business is strong. But not too far from the heavenly beaches and luxurious hotels are quasi-shantytowns, reminding us that a large part of the population, often Creole (of Afro-Malagasy origin) are still excluded from the "economic miracle of Mauritius." These Creoles are mostly descendants of slaves who were deported in mass in the eighteenth and nineteenth centuries from Madagascar and the East African coast for the cultivation of spices and coffee and later sugar cane. On the margins of these hellish plantations was secretly created a music called tchiega, chéga or tsiega, a distant cousin of the blues. The music from Mauritius in the 70s found on this compilation naturally evolved from this original sega. Created at the crossroads of Afro-Malagasy, Western and Indian cultures, pop, soul and funk arrangements, syncopated ternary polyrhythms, saturated guitars, psychedelic organs and Creole vocals, this musical phenomenon is as incredible as a tropical flower in bloom.

The Mascarene Archipelago, located in the South Western part of the Indian Ocean includes the islands of Reunion, Mauritius and Rodrigues. Unsullied of human settlement up until 500 years ago, these islands are home to a unique flora and fauna, including the famous dodo, emblem of Mauritius, giant tortoises and the flying fox, a large bat that thrives mostly on raw fruits. Dutch, French and English settlers started trading slaves in Mauritius leading to French King Louis XIV’s terrible ‘code noir’ which was finally abolished in 1835. Followed by the era of commitment, often described as disguised slavery during which hundreds of thousands of contract workers immigrated from India and South-East Asia to provide much needed labor in the plantation system for the widespread cultivation of sugar cane.
Although the origins of sega remain quite unknown, we do know that it contains vocal and percussive practices that originated from Madagascar, Mozambique and East Africa. A social escape and a space for improvisation, satire and verbal jousting, it transcended everyday life and made room for the expression of conflicts and the transgression of taboos. Inseparable from dance, sega is thus exposed as part of a pair: bodies brush against each other, stare at each other, get excited but never touch each other.

The main instrument of sega is the ravanne, a large tambourine-like drum made of a large wooden frame and goat skin. It is accompanied by the maravanne, a rectangular rattle filled with seeds, and also often by a triangle, a bottle, a machete or any metal object that can be hit with a stick. The practice of sega also exists in a ritual and mystical form, forgotten in Mauritius, but still present in Reunion where it creates impressive trances during the "servis malgas”, cults dedicated to ancestors.
Songs of sailors, romances from ancient France, Breton folk traditions, and of course the many rhythmic and melodic contributions from India have certainly influenced sega. The fashionable European ballroom dances (quadrille, scottish, waltz, polka, mazurka) were introduced by the bourgeois circles, then appropriated by the Creole populations who used the repertoires and instruments (violins, mandolins, pianos) to create a first fusion of the genre called "sega salon".

Jean Alphonse Ravatton also called "Ti Frère" (little brother) is considered to be the "missing link" between the original sega and modernity. Born in Quartier Militaire (Military Quarter) in 1900, he learns sega from his father, a singer and organizer of "bobèche balls" lit by oil lamps and "rann zariko balls" where a bean hidden in a cake determines who will organize the next party. A fabulous improviser, "Ti Frère" sung about impossible loves, marital quarrels, social misery, alcoholism and violence with his hoarse voice. He was the inspiration for future generations of segatiers. His song "Tamassa", pressed on a 78-inch vinyl in rudimentary conditions by the Damoo pressing plant, a pioneer of phonographic production in Mauritius, was his first local recording. Fanfan the sega storyteller, "Captain" Michel Legris, the Cassambo family or the fisherman and healer Nelzir Ventre de Poudre d'Or (golden powder belly) are all singular figures of the “typical” sega who preserved the Afro-Malagasy cultural heritage and influenced modern sega.

Now celebrated as an emblem of Mauritius, sega long remained disdained and banned in its early days by the colonial administration who feared revolts and slave gatherings. The high society then despised this music of "dark tcholos", calling it grotesque, rowdy and repetitive, while the Catholic missionaries denounced the sega dance, considering it to be licentious and depraved.

It is only from the 50s onward that the style came out of the shadows. The Mauritian soldiers who fought alongside the English in the Second World War brought along guitars, banjos and accordions. The first orchestral ensembles such as the Typhoon Band, the Police Orchestra or the Pepitos took over fairs and movie theaters. A generation of popular singers emerged with Roger Augustin, Jacques Cantin, France Jemon, Francis Salomon and the famous Serge Lebrasse, who had much to do with the democratization of sega thanks to the enormous success of his first song "Madame Eugene" in 1959. The single was produced by John Venpin on "Dragons", a small label that put a mark on the 60s and 70s with its continuous production of 45-inch vinyls, following in the footsteps of Michel Foo Fat’s ‘Neptune’ and Henri Ah Koon’s ‘Do Re Mi’, other pressing houses run by Chinese merchants.

The emerging tourism industry approached sega as an added value and a guarantee of authenticity. The orchestras started playing their segas in hotels among all kinds of other musical varieties and international hits. This was also around the time of the creation of Mauritian TV and sega programs such as the "Star Show" presented by the excellent keyboard player Gerard Cimiotti, who launched many singers’ careers. Cimiotti is part of a handful of genius arrangers who, over the course of two decades, propelled sega. The most prolific and surprising of them is undoubtedly Marclaine Antoine, a talented self-taught guitarist and multi-instrumentalist, producer and arranger who composed hundreds of singles for a number of singers: "They would come see me with a song composed of two or three chords on the ravanne" he remembers "I would offer arrangements that we would record with my orchestra, often just voice, bass, rhythm guitar and drums because we only had a 4-track recorder at the time. I would then go to Reunion to re-record the tracks with percussion, chorus, guitar solos, keyboards etc... The records were then pressed in Madagascar at De Comarmond".
In 1959, Raoul De Comarmond and his son Jean-François had set up the first 78-inch pressing plant in the Indian Ocean in wild conditions. In addition to funding many labels and pressing most of the singles from Reunion, Mauritius, and Madagascar in the 60s , they went on to produce nearly 5000 references over 20 years.

The singer Claudio Veeraragoo, after debuting in the styles of variety and bollywood, became the first Indian-born segatier but also one of the pioneers of rock sounds and saturated guitars in Mauritius. A fan of Santana, Jimmy Hendrix and the Shadows, he recorded the incredible "Qui Fine Arrivé" in 1971, a sorrowful love song melded with a canvas of sharp riffs played by James Furcy. The band was called "les Copains" before becoming "Satanik" or the "Satanik Group". Claudio made a strong impact with his segas inspired by Bollywood and Qawwali, then with his hit "Ambalaba" covered by Le Forestier, which made him internationally known as one of the biggest stars in Mauritius. In his famous session from 1971, Harold Berty, another singer of Indian origin, recorded his first 45" from which came the song "Django", an ode to the famous pistolero from the eponymous western spaghetti. "Mo'nn tir sa kou revolver ek mo labouss" he recalls: the effect of the pistol and the whistling bullet is simulated by his own voice.

Another iconic figure, the segatier from Rose-Hill, Jean-Claude Gaspard son of Roger Augustin started out playing guitar for the Yankees, Serge Lebrasse’s orchestra, before becoming one of the most famous singers from the Indian Ocean with a local and international career that spanned over 40 years. A prolific composer and a talented chronicler of everyday life, he is known for his humorous two-sided sega. Puns, irony and sexual allusions are all an integral part of the style. A specialist of this aspect, the singer Coulouce (Jean Pierre Mohabeer) was censored by the Mauritian radio before sinking into alcoholism and dying, like many artists of his generation, in misery and indifference.

A few months after the independence of 1968, a gang war began in Port Louis, drifting into violent racial riots. Followed by the birth of the MMM (Mouvement Militant Mauricien) which, inspired by Frantz Fanon and May 68, offered to replace race struggle by class struggle. This marks the beginning of the years of embers, 10 years of strikes, police repression, student revolts and states of emergency. This was a decade of profound cultural change revealing the turbulent multiethnic Mauritian identity. The emblematic movement of the "santeé engazé", which mixed Indian music, sega and progressive militancy, appeared with Siven Chinien, Grup Latanier and the Soley Ruz band which brought together Bam Cuttayen, Rosemay Nelson, Micheline Virahsawmy, Nitish and Ram Joganah, Lélou Menwar and Eric Nelson.
The latter, a solo guitarist and arranger, set up the "Features Of Life" which, in the mid 70's, gave birth to a new sound. Fuzzy distorted guitars and funky beats invite each other to play over the unbridled ternary beats created by fabulous drummer Raoul Lacariate, brother of singers Micheline Virahsawmy and Rosemay Nelson, a cursed genius who tragically vanished way to early. The band accompanied a new wave of singers, including the atypical Joseph Roland Fatime aka Ti L’Afrique, a hyperbolic and hyperactive character, a fan of blues and James Brown who launched an explosive raw, and funky style of sega. Originally from Plaine Verte, an Arab neighborhood of Port Louis and born in a family of kawwal singers, he became a segatier, political activist, masseur in hotels, host at Club Med, and even a pastor and sports coach! During the 70's, his bad boy reputation preceded him. Now a repentant, he leads peaceful days in the suburbs of Port Louis. In his wake is Joss Henri, who played guitar in the Caméléons alongside Alain Peters, Daniel Delord ambassador of Seychellois music in Mauritius and the excellent Georges Gabriel. Eric Nelson's brother, John Kenneth, stands out as one of the island's most original voices, with his energetic and abrasive style. His song Missieé Coutou, unsuccessfully covered by French singer Carlos, was a hit in the Indian Ocean. Although less known, his first single reissued on this comp is equally brilliant.

With the arrival of cassette tapes, the 80s marked the death of vinyl: many record companies went bankrupt when faced by cassette copies that flooded the market. The role of arrangers who directed bands and supervised recordings disappeared. Speaker systems and DJs replaced the bands that provided entertainment for balls and weddings, confining them to hotels and official ceremonies. Sega underwent a stylistic and melodic impoverishment, accentuated with the advent of computers and the standardization of productions.

The style of seggae, a mix of reggae and sega emerged with Joseph Reginald Topize aka Kaya, whose death in jail in troubling circumstances in February 1999 caused historic riots and several deaths. The percussionist and singer Stéphano Honoré, better known as Lélou Ménwar, started out alongside Marclaine Antoine one of the major creators of seggae, then went on to develop his own style, the sagaï, influenced by sega typik, maloya from Reunion, blues and funk. To this day, he remains one of the most surprising artists of the 90s and 2000s. One of the few who has managed to transform the sega saga into an ever more personal and original direction.

credits

releases June 5, 2020

Conception & realisation: Felix Vincent
Artwork: Felix Vincent

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